Vous avez admiré les caryatides, ces colonnes sculptées en forme de jeunes filles censées soutenir la partie supérieure d'édifices de la Grèce antique. Je me suis toujours demandé si c'était un hommage ou une vengeance (probablement les deux !) dirigés vers les femmes méditerranéennes, qui commandent leur maison avec une autorité ne laissant pas de place aux hommes. L'origine légendaire révèle une situation plus compliquée. Dion, roi de Laconie, reçoit Dionysos, ( Dieu de la vigne, du vin, et de la bonne vie qu'on y adjoint, avec chants et danses). Celui-ci tombe amoureux d'une des trois filles du roi, CARYA et ses deux soeurs, jalouses, font tout ce qu'elles peuvent pour contrarier ses entreprises amoureuses. Pour "la protéger", il la transforme en noyer et les soeurs en rochers. Cela ressemble plus, à mon avis, à un pétage de plombs, à une grosse colère. Il aurait suffi de transformer les soeurs pour qu'elles lui foutent la paix. Le choix d'un arbre est intéressant, n'est-ce pas une sorte de "mariage selon le macho", une façon de l'empêcher d'aller voir ailleurs, de la fixer, tout en lui enjoignant de fleurir pour lui et de multiplier ses noix ! de lui faire des fruits, des enfants....tous les ans ? Suite de l'histoire, Artémis révèle aux Laconiens la métamorphose de Carya. Reconnaissants, ils élèvent, dans la ville de Caryes,un temple et instituent un culte à "Artemis Caryatis" (relier une jeune fille morte à une déesse est une bonne façon de faire son deuil). Une fête y est célébrée en son honneur et les jeunes filles chargées des danses religieuses sont nommées des caryatides. C'est d'elles que les colonnes sculptées tirent leur nom, transformées à la fois en arbres (avec tronc-colonne et branches-bras levés) et en rochers (en pierre), symbolisant ainsi l'ensemble des femmes, les belles qu'on aime et les jalouses qui vous embêtent, toutes ayant le même destin, la responsabilité de porter à bouts de bras toute leur maisonnée et la vie de famille, pendant que les hommes, à l'image de Dionysos vont se saouler avec les copains. Si j'avais pris le temps d'aller rechercher une version complète de l'histoire, j'aurais peut-être trouvé que les soeurs n'étaient pas jalouses, mais clairvoyantes et avaient convaincu Carya que la vie qui l'attendait avec ce gros bouffi, tout Dieu soit-il, n'avait rien de romantique et qu'il l'avait changée en arbre parce qu'elle ne voulait pas de lui ou qu'il sentait qu'elle n'était pas amoureuse.
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