Que vaudrait notre vie si nous n'avions pas reçu le pouvoir de penser ? Comment se produit ce miracle ? Une couche de neurones de quelques millimètres d'épaisseur, plissée, creusée de circonvolutions et de sillons, recouvre la casi-totalité de la surface de nos hémisphères cérébraux. C'est le néocortex, apparu récemment dans l' Evolution. Chez l' homme, il est particulièrement étendu vers l'avant du cerveau, avec une protubérance juste derrière le front, le lobe frontal. Est-ce pour cela que vous vous tapez le front lorsque vous vous souvenez de quelque chose ? On pensait jadis que l'intelligence était liée au développement exagéré de ce lobe frontal. De nouvelles études mettent à mal cette idée reçue. Les capacités du cerveau humain tiendraient à des différences plus qualitatives que quantitatives ( des différences microstructurelles et une interconnectivité plus riche ). On trouve, dans les six couches du néocortex de petits "interneurones"assurant la transmission entre les grands neurones baptisés "cellules pyramidales" (ceux qui ont un long axone, capable d'atteindre les autres zones du cerveau, émettant et réceptionnant en permanence des milliards de signaux). Toutes ces cellules interconnectées forment un maillage de milliards de micro-modules, qui travaillent ensemble. On a découvert récemment des super-cellules pyramidales, capables chacune d'exciter (par une sorte de réaction en chaîne) une centaine de neurones, à partir d'une seule stimulation. Cette propriété serait spécifique aux humains, n'ayant été retrouvée (pour le moment) ni chez le rat, ni chez le singe. Par contre, la "cellule chandelier" (sorte de super-interneurone servant d'amplificateur et capable de se connecter à plus de 500 cellules pyramidales à la fois, pour aider le cortex à transmettre de très longues séquences d'information) se retrouve chez d'autres mammifères, comme le rat ; mais il y en a une plus forte concentration chez l'homme et les chemins qu'elles forment chez lui sont bien plus solides que chez les autres espèces étudiées. Si notre lobe frontal est responsable de la planification et de la pensée, on ne peut pas pour autant en faire le nid de l'intelligence, qui est plutôt la résultante de la connexion entre ce lobe frontal et le lobe pariétal (près de la nuque), où se réunissent les informations sensorielles. C'est la vitesse de transmission entre diverses régions du cerveau qui peut faire la différence entre deux individus. On savait que le "carburant" du cerveau est le sucre. Plus les neurones en consomment, plus ils travaillent. On savait aussi que certaines zones du cerveau sont plus actives que d'autres, lors de la résolution d'une tâche. Mais on a découvert que plus les zones sont activées, moins le résultat obtenu dans la résolution d'un problème est bon. Les plus hauts scores de réussite reviennent à ceux qui ont utilisé le moins d'énergie pour leur cerveau. L 'intelligence serait donc plus associée à un cerveau efficace qu'à un cerveau qui travaille dur, en conclue un professeur de médecine dans une université californienne. A moins qu' il ait dépensé moins d'énergie parce qu'il connaissait les réponses ou qu 'elles lui étaient plus faciles à trouver ! ( Il faudrait avoir les conditions des expériences pour réfuter définitivement mon hypothèse). "Je pense, donc je suis". Etre conscient de son existence est-il une conséquence de la capacité à penser ? Au fil des expériences émergea, vers 1998, un modèle de la conscience qui a obtenu un certain consensus parmi les experts, celui de "l'espace de travail global conscient". Nos neurones s'organiseraient en deux espaces distincts : d'une part de petits circuits cérébraux, "processeurs" spécialisés créant à tout moment des représentations mentales inconscientes ; d'autre part un "espace de travail global conscient", réseau neuronal infiltrant de nombreuses régions cérébrales, dont le contenu correspondrait à chaque instant à une représentation mentale traduisant le vécu. Les processeurs périphériques dialoguent en permanence avec cet espace de travail conscient. Mais celui-ci ne pouvant s'occuper que d'une seule chose à la fois, chaque processeur serait en compétition avec les autres pour imposer l'information qu'il produit (voilà l'origine de nos problèmes mentaux !!) Divers facteurs influenceraient, bien sûr, le résultat de la bataille. Ainsi, une information nouvelle aurait moins de chances de gagner qu'une autre mieux connue de nos services neuronaux : si, alors que vous essayez gentiment de suivre ce que j'essaye d'expliquer, quelqu' un vous appelle par votre nom, c'est cette dernière information qui va primer !
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