Ce pourrait-être la VIE PRENATALE, lorsque l'on "croît et se multiplie" dans tous les sens comme un végétal, fait des progrès d'une rapidité foudroyante( en sécurité totale et tous besoins assurés) dans le confort d'une baignoire vivante et aimante. Mais c'est aussi une "assignation à résidence" avec une location dont on sait peut-être que l'on sera expulsé "à terme" !.
Ce pourrait-être la PETITE ENFANCE (au sein d'une famille aimante et dynamique) entourée d'un amour sûr et inconditionnel, le quotidien assuré, découvrant le monde et jouant avec lui ; mais en total esclavage, avec plein d'obligations et d'interdictions, de questions sans réponses et de sujets défendus.
Ce pourrait-être l'ADOLESCENCE, avec sa beauté, son corps parfait, son dynamisme, ses projets et la vie devant pour y croire, la découverte de l'amour, de l'autre et de soi, le plaisir des premiers pas vers la liberté et la responsabilité, mais aussi le temps de choix trop impatients et responsables de futurs malheurs, de déceptions dramatisées au maximum, d'angoisses vitales et de complexes qui peuvent rendre difficile la lourde tâche de se situer dans la société.
Ce pourrait-être le DEBUT DE LA VIE ADULTE, avec sa plénitude de capacités physiques , mentales, professionnelles , familiales et sociales,
la joie de la liberté conquise, de l'indépendance financière, d'une famille crée et/ou d'une carrière conquise, mais capacités ne veut pas toujours dire possibilités et opportunités et c'est l'âge où l'on prend conscience du temps qui passe et ne revient pas. On a peur de vieillir sans avoir atteint ses buts et piaffe. On est surchargé de travail, de responsabilités. Plus une minute à soi ...et parfois pour découvrir que ce qu'on croyait avoir créé a des failles terribles.
Ce pourrait-être LA QUARANTAINE, lorsqu'on a encore tous les privilèges de la jeunesse et déjà l'assurance et la compréhension de la vie qui manquaient avant. Un merveilleux moment d'équilibre pour certains, de "renaissance" même..une "seconde jeunesse" parfois (cela a été mon cas). Mais pour d'autres le moment où tout craque et ils se sentent perdus.
Ce pourrait-être LA CINQUANTAINE, lorsqu' il n'y plus de règles (pour les femmes), que la plupart des problèmes ont été résolus, que certains ont acquit un certain confort matériel et une grande famille, qu'on a l'expérience, devient plus souple et tolérant, qu'on a appris la valeur des choses et sait mieux profiter des petits bonheurs du quotidien, ne les prenant plus pour un dû. Mais pour certaines, c'est plutôt le "retour d'âge" et ses malaises (j'ai été totalement épargnée, mais sais combien cela peut être pénible ), la peur de ne plus être désirée (là aussi j'ai été épargnée en me remariant à 50 ans avec un homme plus jeune !) et le manque d'énergie pour un nouveau départ si amours ou profession craquent.
Ce pourrait être la SOIXANTAINE pour ceux qui prennent alors leur retraite, s'ils ont réussi à construire leur vie selon leurs rêves. On ne se sent pas encore vieux. Seules les dates (et les autres parfois) le disent. Et c'est la liberté totale, le temps "d'en profiter enfin", de vivre "comme on veut", de réaliser ce qu'on avait toute la vie dû laisser de côté "pour plus tard".. Mais c'est aussi l'âge des parents malades dont il faut s'occuper et celui des deuils. Les être aimés se mettent à disparaître les uns après les autres.C'est effrayant.
Ce pourrait être 70 ANS (j'ai lu quelque part que c'était l'âge le plus heureux. C'est dans moins de quatre ans pour moi !). La situation se stalilise. On s'est résigné à être vieux, résigné aux divers malheurs vécus et un nouvel équilibre s'établit, avec une totale liberté. On sait plein de choses et on est riche en souvenirs ; cela rend solide. On profite au maximum des forces restantes, de chaque instant. Tout doit être transformé en "petite joie". Mais l'amour se conjugue au passé pour ceux qui restent seuls, les deuils continuent, les forces baissent et l'on sait qu'on circule dans le mauvais sens !
Une dame m'a dit que jusqu'à 95 la vie est belle, mais qu'il ne faudrait pas vivre plus longtemps. Ma mère, elle, est morte à 96 et elle aurait bien aimé atteindre les 100. En se réveillant, chaque matin, elle avait un grand sourire et s'exclamait de joie s'il y avait du soleil ou en regardant le grand ficus de sa chambre : "qu'il est beau , mon arbre ! " , "qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui, ma chérie?" Pour certains, 95 ANS est un très bel âge, mais....no comment ! |