"Science et Vie" a publié un article expliquant que tout souvenir contient une part de reconstruction et que les faux souvenirs contribuent à maintenir une image positive de nous-mêmes.
J'ai eu en effet plusieurs fois la preuve inquiétante que ma mémoire avait déformé des faits. S'il semble logique qu'en faisant le tri de ce qu'elle veut garder, la mémoire mette particulièrement en valeur ce qui la valorise, j'ai trouvé, en analysant les erreurs constatées, qu'elle a également d'autres motivations pour (comme dans la publicité télévisée qui passe actuellement) ne retenir que ce qui l'intéresse. Comme ce petit film le démontre très bien, elle n'a besoin d'aucune invention pour déformer la réalité. Comme un monteur de cinéma, elle fait des coupures et des déplacements de scène..Cela fait partie de son métier. Une de ses spécialités est de remplacer des souvenirs par d'autres qui ont des points communs, mais aussi des différences plus proches de son obssession du moment....car la mémoire pense. Elle a des idées et les suit, ce qui interfère avec son travaille d'archiviste.
Si la première cause d'erreurs est bien, probablement, le désir d'enjoliver notre CV, j'en vois au moins deux autres : 1) Lorsqu'il craint d'avoir commis une erreur entraînant une conséquence fâcheuse, le cerveau (affolé de ne pas pouvoir reconstituer cet instant) fait appel à sa mémoire, qui "pioche dans ses dossiers" un cas similaire à celui dont l'autre partie du cerveau lui "parle" pour justifier l'hypothèse avancée par le cerveau (clés oubliées sur la serrure, par exemple), augmentant son angoisse par une fausse certitude de catastrophe.
Le "sens moral", est peut-être à l'origine de cette réaction d'ordre psychologique, nous incitant à "l'auto-culpabilité", comme le font la Bible et notre éducation. Le besoin d'enjoliver les souvenirs n'est pas, à l'origine, un besoin de "fanfaronner", mais un remède à cette tendance. |