"Tout se joue avant six ans". Apparemment non, ne vous inquiétez-pas. Je viens de retrouver un article de 1996 (du New Scientist, de Londres) racontant comment un petit garçon a appris à parler à 9 ans. Mais ce n'est pas le plus intéressant. Né avec une maladie qui altérait la circulation sanguine dans l'hémisphère gauche de son cerveau (et lui donnait des crises d'épilepsie), il ne pouvait que proférer quelques sons indistincts, son seul vrai mot étant "mama". A huit ans, on décida de lui enlever carrément la moitié du cerveau !!!! Deux ans après, il parlait comme un enfant de huit ans. Il avait quinze ans lors de l'article et ne parlait pas encore comme un adulte, mais avec une capacité d'expression "qui dépasse de beaucoup ce que l'on pourrait attendre de son QI". Les psychologues, qui estimaient que, passé un certain âge, il était impossible d'acquérir le langage n'en revenaient pas, la plupart de ceux qui apprennent à parler anormalement tard gardant des difficultés d'élocution, ce qui n'était pas son cas. En fait l'hémisphère droit a pris le relais. Il était gêné par le gauche, mais avait dû, avant l'opération, accumuler des connaissances qu'il ne pouvait pas utiliser.
Une dizaine d'opérations similaires sont pratiquées chaque année (mais sur des enfants ayant pu apprendre à parler avant).
Le plus passionnant est la capacité de l'hémisphère droit à suppléer le gauche. En fait, dans une certaine mesure, on peut étendre l'idée. De même que nous n'utilisons pas tout notre cerveau et pouvons nous débrouiller avec beaucoup moins , nous n'utilisons rien complètement : ni les objets que nous possédons, ni notre appartement, ni nos relations...Ainsi, les pauvres ont moins d'objets, mais les emploient mieux (plus de temps chacun), un appartement plus petit (mais plus rempli, avec moins d'espace libre)...et leur vie est aussi pleine et intéressante que celle des nantis. La vraie richesse ne serait-elle qu'une question d'espace et de temps ? |