Depuis que je pense aller à Chauvigny, deux personnes sur trois me demandent si je ne vais pas m'y ennuyer. Les parisiens sortent peu, relativement, mais sont très fiers de toutes les possibilités qu'ils ont . Elles forment une enceinte psycho-protectrice contre l'ennui (un peu comme un compte en banque bien garni pour celui qui n'a ni besoins ni envies protège aussi de la peur de manquer) Pourtant, il y a, en banlieue et en province, plus de choses qui les intéressent que de temps disponible pour eux. Le problème n'est pas là, mais du style de vie.
Hier, tandis qu'après avoir saisi l'arc-en-ciel, j'essayais d'attraper le coucher de soleil, j'entends derrière moi : "Qu'est-ce qu'on se fait chier à Paris !" J'éclate de rire, me retourne et vois un jeune couple attaché par les bras. Lui est souriant et muet ; elle, visage rond et frais, s'exprime avec plaisir :" il n'y a rien à faire à Paris quand vous sortez du travail. A la campagne, vous allez vous occuper des chevaux, du chien !" Après avoir fait le tour des activités parisiennes, qui ne l'intéressaient pas, nous en sommes revenues aux animaux. C'était clairement d'eux qu'elle s'ennuyait et je lui proposai de prendre un chat. "- Un chat ? C'est une idée. Merci " et elle est repartie toute ragailladie, rayonnante à l'idée qu'avec un chat, Paris serait peut-être plus supportable. Une copine a suggéré qu'en fait c'était son compagnon qui la "faisait chier". Il avait l'air charmant et il est difficile de dire si sa discrétion était un manque de répartie !
Les lieux ne me semblent pas responsables de l'ennui, mais servent souvent d'alibi à des manques personnels. |