Jusqu'ici, seuls les pauvres avaient du mal à se procurer celles d'ordre physique et les plus sages d'entre eux avaient des motivations à la mesure de leurs possibilités de réalisation, ce qui leur permettait souvent de se croire heureux et tenir le coup, tandis que le manque de motivation profonde guettait ceux que la vie avait trop gâtés, leur créant une sensation plus intense de malheur. Les progrès techniques, les transports et les médias ont donné au monde entier de nouveaux désirs et des espérances qui ont permis à certains de changer de vie, mais à beaucoup plus de se créer de nouveaux malheurs.
Depuis peu, en plus de ce "bouleversement universel des motivations", les besoins les plus essentiels et naturels commencent à être remis en question : pourrons-nous respirer un air non toxique ? Y aura-t-il de l'eau pour tout le monde ? la Terre pourra-t-elle nourrir le surplus de population que la croissance de l'espèce humaine prévoit ? La température restera-t-elle dans les normes acceptables pour notre corps et celui des êtres que nous désirons voir vivre et se multiplier pour les tuer et les manger ? L'utilisation irraisonnée des armes inventées par l'humanité respectera-t-elle notre fine peau ?
Tout craque de partout et le progrès y contribue plus qu'il n'enraille le processus. D'autre part, on ne peut refuser la réparation de l'injustice envers ceux qui ont été exploités en stoppant un progrès qui pourrait, à long terme, dans une situation politiquement loyale envers tous, leur permettre d'avoir une vie meilleure. Mais, en pratique, cela sacrifie deux ou trois générations. Comment s'en sortir ? |