| mercredi 24 septembre 2008, a 13:57 |
| Quelle est la différence entre "découvrir" et "apprendre" ? |
Il semble qu'on apprenne quelque chose chaque fois qu'on "découvre" ; mais la réciproque n'est pas toujours vraie. "Apprendre" est souvent revenir sur ce qu'on avait déjà appris et oublié. Découvrir sent bon la virginité de la connaissance, les "Grandes Découvertes", le grand air, l'espace, les voyages. "Apprendre" rappelle les petites lettres à lire et retenir, sent le renfermé et les obligations nous empêchant de "sortir" ( pour éviter cette association, du temps du Lycée, j'allais préparer mes examens dans la Serre Tropicale du Jardin des Plantes, à Paris).
La pédagogie scolaire devrait tenir compte de cette différence "psychologique". Au lieu d' asséner des réponses à des questions que les élèves ne se sont pas posées et qu'ils ne se poseront jamais, les professeurs devraient tenter d'abord de les rapprocher de thèmes qui pourront les intéresser , puis de les mener à se poser eux-mêmes les questions pour lesquelles ils pourront leur donner des réponses, qui alors seront des découvertes, avec tout le bonheur ou l'horreur que ce mot peut charrier. La mémoire y gagnera aussi : on retient mieux ce qu'on a découvert que "les leçons apprises" |
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| lundi 22 septembre 2008, a 10:50 |
| L'humain reste-t-il un enfant toute sa vie ? |
Suite à la leture de "Sans offenser le genre humain" d'Elisabeth de Fontenay, j'ai écrit dans mon journal : "je ne me suis sentie vraiment adulte qu'après la mort de mon père".
Le livre d'E. de F. cherche, au début, s'il y a un "propre de l'homme" par rapport à l'animal et , selon de nombreux généticiens, il semble que le propre de l'homme soit son "infantilisme", grâce auquel il a pu être et rester créatif, recevant beaucoup moins d'informations génétiquement que les animaux et devant tout apprendre ou inventer.
Nous savions cela, mais je n'avais pas fait le rapport avec l'axolotl : L'AXOLOTL est un batracien à l'aspect foetal, mais qui se reproduit. Avec des injections d'hormones, on a réussi à lui supprimer les branchies et donner une respiration pulmonaire, métamorphose habituelle des amphibiens dans le sens de l'Evolution ( qui mena de la Mer à la Terre) alors que l'axolotl a fait de la "regression évolutive " ). Les généticiens y voient un modèle pour l'évolution de de l'Homme : elle aurait eu lieu à partir de petits primates qui auraient acquis prématurément la faculté de se reproduire." D'où la position du trou occipital, la forme du pavillon de l'oreille, la peau glabre, la structure des mains et des pieds, tous ces caractères appartenant aux foetus d'anthropoïdes".
Cette idée est développée par Giorgio Agamben qui nous dit que l'homme n'a rien stocké dans une mémoire génétique, qu'il a tout confié à la tradition et
"c'est pourquoi, avant de transmettre un quelconque savoir et une quelconque tradition, l'homme doit nécessairement transmettre sa propre distraction [....] et doit d'abord transmettre le langage (c'est pourquoi un adulte ne peut apprendre à parler : ce sont des enfants et non des adultes qui ont accédé pour la première fois au langage.").
"L'homme, sorte d'éternel enfant". |
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| jeudi 11 septembre 2008, a 09:37 |
| Quel est le plus bel âge ? |
Ce pourrait-être la VIE PRENATALE, lorsque l'on "croît et se multiplie" dans tous les sens comme un végétal, fait des progrès d'une rapidité foudroyante( en sécurité totale et tous besoins assurés) dans le confort d'une baignoire vivante et aimante. Mais c'est aussi une "assignation à résidence" avec une location dont on sait peut-être que l'on sera expulsé "à terme" !.
Ce pourrait-être la PETITE ENFANCE (au sein d'une famille aimante et dynamique) entourée d'un amour sûr et inconditionnel, le quotidien assuré, découvrant le monde et jouant avec lui ; mais en total esclavage, avec plein d'obligations et d'interdictions, de questions sans réponses et de sujets défendus.
Ce pourrait-être l'ADOLESCENCE, avec sa beauté, son corps parfait, son dynamisme, ses projets et la vie devant pour y croire, la découverte de l'amour, de l'autre et de soi, le plaisir des premiers pas vers la liberté et la responsabilité, mais aussi le temps de choix trop impatients et responsables de futurs malheurs, de déceptions dramatisées au maximum, d'angoisses vitales et de complexes qui peuvent rendre difficile la lourde tâche de se situer dans la société.
Ce pourrait-être le DEBUT DE LA VIE ADULTE, avec sa plénitude de capacités physiques , mentales, professionnelles , familiales et sociales,
la joie de la liberté conquise, de l'indépendance financière, d'une famille crée et/ou d'une carrière conquise, mais capacités ne veut pas toujours dire possibilités et opportunités et c'est l'âge où l'on prend conscience du temps qui passe et ne revient pas. On a peur de vieillir sans avoir atteint ses buts et piaffe. On est surchargé de travail, de responsabilités. Plus une minute à soi ...et parfois pour découvrir que ce qu'on croyait avoir créé a des failles terribles.
Ce pourrait-être LA QUARANTAINE, lorsqu'on a encore tous les privilèges de la jeunesse et déjà l'assurance et la compréhension de la vie qui manquaient avant. Un merveilleux moment d'équilibre pour certains, de "renaissance" même..une "seconde jeunesse" parfois (cela a été mon cas). Mais pour d'autres le moment où tout craque et ils se sentent perdus.
Ce pourrait-être LA CINQUANTAINE, lorsqu' il n'y plus de règles (pour les femmes), que la plupart des problèmes ont été résolus, que certains ont acquit un certain confort matériel et une grande famille, qu'on a l'expérience, devient plus souple et tolérant, qu'on a appris la valeur des choses et sait mieux profiter des petits bonheurs du quotidien, ne les prenant plus pour un dû. Mais pour certaines, c'est plutôt le "retour d'âge" et ses malaises (j'ai été totalement épargnée, mais sais combien cela peut être pénible ), la peur de ne plus être désirée (là aussi j'ai été épargnée en me remariant à 50 ans avec un homme plus jeune !) et le manque d'énergie pour un nouveau départ si amours ou profession craquent.
Ce pourrait être la SOIXANTAINE pour ceux qui prennent alors leur retraite, s'ils ont réussi à construire leur vie selon leurs rêves. On ne se sent pas encore vieux. Seules les dates (et les autres parfois) le disent. Et c'est la liberté totale, le temps "d'en profiter enfin", de vivre "comme on veut", de réaliser ce qu'on avait toute la vie dû laisser de côté "pour plus tard".. Mais c'est aussi l'âge des parents malades dont il faut s'occuper et celui des deuils. Les être aimés se mettent à disparaître les uns après les autres.C'est effrayant.
Ce pourrait être 70 ANS (j'ai lu quelque part que c'était l'âge le plus heureux. C'est dans moins de quatre ans pour moi !). La situation se stalilise. On s'est résigné à être vieux, résigné aux divers malheurs vécus et un nouvel équilibre s'établit, avec une totale liberté. On sait plein de choses et on est riche en souvenirs ; cela rend solide. On profite au maximum des forces restantes, de chaque instant. Tout doit être transformé en "petite joie". Mais l'amour se conjugue au passé pour ceux qui restent seuls, les deuils continuent, les forces baissent et l'on sait qu'on circule dans le mauvais sens !
Une dame m'a dit que jusqu'à 95 la vie est belle, mais qu'il ne faudrait pas vivre plus longtemps. Ma mère, elle, est morte à 96 et elle aurait bien aimé atteindre les 100. En se réveillant, chaque matin, elle avait un grand sourire et s'exclamait de joie s'il y avait du soleil ou en regardant le grand ficus de sa chambre : "qu'il est beau , mon arbre ! " , "qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui, ma chérie?" Pour certains, 95 ANS est un très bel âge, mais....no comment ! |
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| mardi 09 septembre 2008, a 10:01 |
| Notre âge dépend-t-il de l'heure ? |
On nous a dit que l'âge dépend de l'année de naissance, de l'état de nos artères, du nombre de rides, de notre intérêt pour la vie, du dynamisme de notre esprit, de la gaieté de notre caractère... mais il y a un détail que l'on ne mentionne pas, en dehors des études de chronobiologie : il varie avec l'heure. L'âge, peut-être pas, mais l'énergie. Or c'est le degré d'énergie qui permet de faire ou de ne pas faire quelque chose......Et l'impression d'être vieille ou non dépend surtout, pour ma part, de ma capacité à réaliser sans trop d'effort ce que je voudrais faire.
Je viens de découvrir qu'en faisant les choses au moment adéquat, je peux gérer mon âge, car j'ai vingt ans de plus le soir. Bref, il convient de faire les courses (ce qui signifie les remonter, sachant qu'il y a des escaliers, des chemins ou une route avec 20° de pente !) et les travaux de bricolage le matin. L'esprit, lui,change moins, mais il quand même plus rapide le matin...même si l'on est "du soir" ! (les profs disaient qu'il ne faudrait jamais programmer de cours de maths l'après-midi. C'est donc vrai à tout âge). |
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| lundi 08 septembre 2008, a 21:18 |
| Comment votre cerveau réagit quand l'oeil lui communique une image ? |
Marchant à vive allure, j'aperçus dans une vitrine une serviette de table jaune identique à une qu'avait ma mère ; je me suis rendu compte qu'en toute occasion la première réaction (passant généralement inaperçue car précédant tout "commentaire cervelesque")de notre cerveau est de dégager de leur contexte les parties qu'il reconnaît. Il classe les éléments qui composent la vision par intensité décroissante de ressemblance à des notions déjà classées ou ...d'impossiblité à trouver une quelconque référence dans son "catalogue interne". Le "totalement inconnu" et le "connu et chéri" étant ce qui attire le plus l'attention, l'esprit note donc en premier ce qu'il connaît le plus (aime ou déteste particulièrement) et ce qu'il est incapable de classer dans aucune catégorie.
Comme la plupart des choses entrent heureusement dans des catégories connues mais indifférentes ou sont composées d'éléments connus et indifférents, notre cerveau a le temps de se reposer entre deux émotions ! |
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| dimanche 07 septembre 2008, a 15:41 |
| Qu'est-ce qu'un "commerce amical" ? |
On nous a prédit que le commerce de proximité allait disparaître et être remplacé par de "Grandes Surfaces", lointaines et anonymes et des "chaînes" franchisées, aux articles standardisés. Il y a du vrai et les villages ont parfois du mal à subvenir à leurs besoins. Ainsi, la pièce de la maison de Chauvigny (où je pense installer une petite salle d'exposition) était jadis une épicerie-tabac ; mon voisin se rappelle qu'enfant il allait y acheter des bonbons. Aujourd'hui, il faut descendre (et surtout remonter) pour faire ses courses quotidiennes.
Mais toute action entraîne une réaction opposée. Parallèlement aux grands "bazars à chariots" annoncés, commencent à fleurir de petites "boutiques à thème", tenues à l'ancienne de façon familiale, par des passionnés et pour des passionnés. Ces propriétaires "non franchisés" s'y consacrent corps et âme et tissent avec leurs visiteurs des relations chaleureuses.
A Palma de Majorque, une amie avait ainsi créé une "librairie ésotérique", siège de débats éclairés sur la philosophie et la médecine sortant des sentiers battus.
Ici, à Chauvigny, s'est ouvert, cet été, "L' ATANYERE". Le jeune couple qui a conçu ce lieu magique vous accueille dans une vraie grotte aménagée par leurs soins en boutique. Située à l'entrée de la cité médiévale, la "tanière du dragon" a pour thème le Moyen-Age, son quotidien et ses croyances. On y trouve plein de tentations et d'idées de cadeaux inspirées par cette époque ( revécue quelques mètres plus loin dans la vieille ville aux cinq châteaux et à la célèbre église romane, offrant aussi - sculptés sur des châpiteaux - leur lot de démons). Fées, gentes dames et chevaliers leur tiennent ici compagnie, mais peuvent vous suivre chez vous ! Vins, tisanes, musique, vêtements, bijoux, mais aussi papeterie, objets de décoration jeux de cartes, figurines et jouets ."J'en passe et des meilleurs" !
Les touristes viennent la visiter comme un musée, en font quatre ou cinq fois le tour, découvrant à chacun quelque détail qui avait échappé au précédent, puis engagent la conversation et tombent sous le charme de leurs hôtes (ou de leurs deux fillettes si elles n'ont pas école). Ils ressortent finalement avec quelque chose qu'ils aiment, mais qui est aussi un souvenir du bon moment passé dans cette "grotte à remonter le temps"...et à l'oublier !
C'est cela le contre-poids des "Grandes Surfaces", le renouveau de l'éternel "commerce amical", trop précieux pour disparaître. Si vous allez dans la région, passez à Chauvigny et suivez les pancartes "boutique médiévale". |
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| vendredi 05 septembre 2008, a 07:50 |
| Les dessins animés sont-ils pour les enfants ? |
La plupart des dessins animés sont destinés aux enfants, bien que beaucoup d'adultes prennent plaisir à les regarder, mais avec l'excuse d'accompagner un enfant....comme s'il y avait honte à y prendre plaisir. Cependant de plus en plus de dessins animés visent aujourd'hui la participation du public adulte (sans compter ceux qui leur sont spécifiquement destinés).
Le dessin animé a sa façon à lui de raconter les choses, avec plus de liberté dans l'expression, plus de fantaisie (effets spéciaux plus faciles pour concrétiser les idées, donner vie à des êtres impossibles), une grande simplicité et pureté, les fonds étant débarrasés des détails superflus . Et c'est cette façon de concentrer l'attention qui convient particulièrement aux enfants. Mais elle appauvrit l'image et devient source d'ennui pour certains adultes. Aussi les films dessinés récents s'emploient-ils à "salir" l'image. Non seulement avec des dessins plus travaillés (plus facile depuis qu'il n'est plus nécessaire de les faire un par un à la main), moins "nets"ou plus détaillés, selon le style de chaque auteur, mais aussi avec de nombreuses références à l'actualité, un humour de cabaret et l'introduction de "vraies images" : mélange avec du cinéma réel, introduction d'acteurs dans un dessin animé ou de personnages animés dans un décor de dessin animé.
Les scénarios ont évolué aussi : ils deviennent des films à thèmes : psychanalyse de notre comportement, satire de notre époque, message écologique.
Le dernier dessin animé à la mode, fils de la maison Pixar, est : "WALL-E"
Science-fiction écologique surfant sur le succès sentimental du petit robot de la "Guerre des Etoiles". Il a plu aux critiques qui lui attribuent quatre étoiles et se laisse voir avec plaisir sans décrocher.
Je suis allée le voir hier soir à Chauvigny, qui possède un cinéma de qualité, avec une excellente programmation mêlant les dernières sorties à succès au style "art et essai" et au ciné-club, panachage qui en fait un cinéma "complet", apte à satisfaire les besoins cinéphiles de n'importe quel public. Il a deux salles qui offrent à elles deux quatre fims différents par semaine, dont un vieux film et trois séances seulement pour chaque film. Cela semble amplement suffisant pour la population chauvinoise.
Curieusement, ce cinéma ferme pendant l'été, pour laisser place aux fêtes, concerts, festivals de théâtre et de marionnettes.
Il reprend le 4 septembre, un jeudi. J'en ai parlé autour de moi. Tout le monde avait l'intention d'y aller...mais pas le premier jour. Comme, s'il n'était pas de bon goût de s'y précipiter ou qu'on craigne qu'il y ait trop de monde. Moi, j'avais décidé d'y aller. Et j'ai choisi d'aller voir en premier le fameux WALL-E. Mon âme d'enfant (attardée !) se régale des bons dessins animés et j'ai toujours traité les objets comme des êtres vivants capables d'émotions !
Est-ce l'amour-propre, la prudence (les 2 faisant éviter le premier jour), le jeudi, le fait que ce soit trois jours après la rentrée scolaire, le refus de voir un dessin-animé sans se faire accompagner par un enfant ? Un peu de tout peut-être......Mais je me suis retrouvée être le seul spectateur dans la salle ! Une projection privée, en somme !
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