Il faut le dire tout de suite. Quand je ne suis plus trop mal, j'aime bien les "vacances à l'hôpital". Là, je n'ai pas pu en profiter beaucoup car j'étais dans le coltard (?), dormais presque tout le temps (sans rêves, car j'étais choutée) et me sentais nauséeuse le reste du temps. Mais comme je veux toujours faire des tas de choses et ne sais pas me reposer, j'ai toujours trouvé génial d'être à l'hôpital ou en clinique. Lorsque j'étais enceinte de mon fils (mon 2ème enfant) je rêvais des mois à l'avance des dix jours de repos alors offerts par la sécu ! (Rien à faire, pas de chaussettes du mari à laver à 2h du matin, aucune obligation, aucune mauvaise conscience, droit de se laisser aller à n'importe quelle heure au sommeil, les repas prêts - pas géniaux, mais -, on se fait chouchouter, on redevient un bébé. J'adore......de temps en temps... et surtout après une période dense et difficile ! )
En tous cas, les douleurs s'envolent, les bons souvenirs et les rencontres restent ....(Comme je suis une malade sympa et souriante, le personnel est gentil avec moi ! ) Lorsque j'avais un poumon crevé et une machine pour respirer, en 91, je voyais de mon lit une tourterelle se poser sur la même branche et dès qu'ils avaient un moment de libre, médecins et infirmières venaient prendre une pause et bavarder dans ma chambre. Je "faisais salon" ! Un bon souvenir... Là, c'était différent, nous étions trois à souffrir dans la même chambre .
Donc:
le samu m'a mis une atèle gonflable et emmené à Cochin. Cochin est une sorte de gare de triage. On y passe des heures à jouer à cache-cache avec des espaces libres où l'on puisse se débarrasser de vous. Si vous arrivez à voir le médecin, essayez de bien retenir la liste des choses à vous faire avant de partir, car les nombreux stagiaires "dont c'est le 1er jour" et "qui n'ont pas accès au dosier" , mais reçoivent à la volée des ordres contradictoires, oublieront certainement quelque chose ! (Pour moi, le rappel de tétanos et la radio des poumons, "qu'on croyait déjà faite" !) Eux-mêmes sont à saisir au lasso en passant, (sans que la moindre protestation ou réclamation puisse se deviner, pour ne pas les agacer ! )Tout un art, qui permet de réduire sensiblement l'attente ...de même que le fait que l'urgence d'opérer décrétée par le médecin (vu après l'interne, vu après l'infirmière, vue après la secrétaire chargée du dispatching et quelques aides soignantes) . N. y est restée six heures pour son doigt cassé trop simplement ! (tombée en butant sur une racine lors de la promenade de Calicot !) |