Nous sommes fatigués. Fatigués, de plus en plus, éventuellement jusqu'à la mort. L'esprit est alimenté le plus longtemps possible. Si l'instinct ne pousse pas à la fuite, c'est d'abord le système locomoteur, non indispensable à la survie, qui est prié de ralentir (laisser l'énergie qu'il accapare aux fonctions plus essentielles). Et l'esprit, désemparé, continue à fonctionner, mais n'importe comment, cherchant plus à fuir dans ses labyrinthes qu'à résoudre quoi que ce soit, incapable même de diriger une quelconque action organisée, crapahutant au hasard des récontres de neurone en neurone !.
Ainsi, hier soir, étant déprimée, sans plus aucun courage pour faire mon travail de rangements, je me suis mise au lit. J'ai d'abord pensé ouvrir l'ordinateur, mais pas bougé. Bon, regarder passivement la télévision serait une solution. Rien ne bouge. Il faudrait regarder les progammes et m'asseoir pour l'ouvrir. C'est encore trop. Tiens, un journal avec des mots flêchés. jen'ai qu'à bouger l'avant-bras.. Et, malgré ma fatigue-paresse, je me suis retrouvée à faire des mots flêchés. pas une décision ou bien ue "décision par élimination", comme il y a "des mensonges par omission". Et j'étais en colère contre moi-même...j'ai tant à faire !
De même, continuer la même séquence de mouvements est moins fatiguant qu'en entreprendre de nouveaux. Le centre décisionnaire n'a pas à intervenir, organiser et commander une action ! Il est plus facile d'être têtu que d'entreprendre lorsque les forces flenchent . Les montagnards le savent,les marathoniens aussi, je suppose. C'est ainsi qu'à 17 ans,ayant des règles très douloureuses et ne tenant presque plus sur mes jambes, j'ai regardé l'autobus qui me ramènerait assise à la maison, sans arriver à y monter et acheter un billet, continuant à marcher, revenant à pieds de St Lazare à Luxembourg. Quand j'ai expliqué que c'était parce que j'étais trop fatiguée pour prendre le bus arrêté devant moi, personne ne m'a cru. |