Donc, l'esprit décide. Il dispose d'une base de données livrée avec le corps et son ADN, nommée "instinct", qu'il complète au fur et à mesure par des données extérieures nommées "expériences" et des éléments (qui lui sont imposés par les esprits voisins) nommés "éducation" et "culture".
Analysons l'impact et l'interaction de ces diverses données sur l'esprit : très difficile pour lui de moduler ses données instinctives, car elles n'arrivent que dans l'antichambre du cerveau (la partie du corps qui lui sert de bureau) et filent vers le corps (pour le mettre en action) sans même aviser la partie pensante (ce qui peut lui sauver la vie , mais lui fait aussi faire de grosses bêtises !)
Les expériences, elles, atteignent le plus profond du cerveau, le violent même, lui injectent à la seringue des événements nocifs. Il n'a pas le temps de les examiner avant qu'ils ne soient passés par les réactions instinctives, les préjugés culturels et les émotions sentimentales; en fait les expériences sont des "événements sales". L'esprit aimerait bien les nettoyer mais, lorsqu'une expérience arrive à son niveau, tout ce qu'elle a récolté au passage s'est déjà solidifié, comme l'eau calcaire qui forme une stalactite et si il tient à le faire, cela peut mettre des années ( voire des dizaines d'années) pour y arriver, si jamais il y arrive. Des psychologues comme Freud et beaucoup d'autres ont élaboré des systèmes pour accélérer ce processus , naturel chez ceux qui se remettent en question.
L'éducation et la culture, elles, sont des sortes d'araignées qui ont tissé à travers l'esprit des toiles enduites de peinture fraîche à leurs couleurs pour marquer les expériences selon les idées de leur clan. Les événements, qui sont des sortes de missiles attaquant la vie, cassent facilement les toiles pour passer mais, ce faisant, se recouvrent d'une couche colorée. Voilà pourquoi il est si difficile de faire changer d'avis un croyant (religieux, politique ou culturel) : les événements semblent toujours confirmer leurs idées à priori ! |